Institut Milton H. Erickson du Pacifique et de Nouméa - NC
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Le banian

Je vais vous raconter une histoire qui s’est passée, il y a bien longtemps dans un pays merveilleux. Dans ce fabuleux pays, il y avait une très haute montagne et tout au sommet de cette montagne poussait un majestueux banian. De puissantes et anciennes racines le reliaient à la terre, tandis que d’autres, plus jeunes, plus fines et plus aériennes partaient de ses branches. Son tronc élégant et élancé montait vers le ciel. Les habitants du pays l’admiraient….. Ses deux plus grosses branches étaient pour l’une longue, robuste, pleine de sève, mais dépourvue de feuilles. L’autre, plus fine et plus fragile, malgré son aspect desséché possédait un magnifique feuillage vert et brillant. Ce banian se laissait caresser par les brises bienfaisantes, il jouissait des rayons du soleil avec qui il s’entendait fort bien. Il profitait des lumières douces de l’aurore, se chauffait au soleil du midi et admirait les chatoiements du soir….. Depuis des années, il en était ainsi.

Or, un jour, sans que personne ne sache pourquoi, une tempête traversa le pays et s’abattit sur le banian. Des vents violents et incontrôlables le mirent à rude épreuve. Des rafales tourbillonnantes s’engouffraient entre ses branches et s’enroulaient autour de son tronc. Le soleil était masqué par cette tornade et le banian se sentit perdu.

À bout de forces, l’arbre implora la tempête de s’éloigner et de lui laisser retrouver le soleil. Dans un souffle violent, le cyclone lui dit qu’il voulait bien partir mais qu’il devait se nourrir de ses branches pour pouvoir s’en aller. Le banian accepta de lui laisser s’emparer de ses deux plus grosses branches. Il savait au fond de lui-même que si la tempête partait, il reverrait le soleil et pourrait avec son aide trouver la force de faire pousser de nouvelles branches bien plus belles.

Ainsi fût fait, la tempête s’en alla comme elle était venue. Le banian retrouva les chauds rayons du soleil. Il se sentait bizarrement plus léger, comme soulagé de ne plus avoir à porter ces deux excroissances dépareillées. Les saisons passèrent sans que jamais ne revienne la tempête. Le banian devint de jour en jour plus beau, plus vert et plus vivant grâce à la force du soleil et à la douceur de la brise qui caressait son tronc, ses nouvelles branches et ses feuilles tendres.