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Le chalutier qui rêvait de devenir une pirogue

Le 15 Novembre 2014

Il était une fois, il y a de cela très longtemps, dans un merveilleux pays, un chalutier à l’aspect trapu des bateaux qui affrontaient les mers du nord. Il était abandonné par ses marins, amarré à un quai sinistre et lointain, car plus personne ne l’utilisait.
Il se morfondait dans le froid et la solitude, surtout à l’approche de soir.
Il se laissait atteindre par la rouille qui encrassait ses ponts et sa coque, tandis qu’il rêvait à des îles paradisiaques, des lagons turquoises et des alizés prometteurs.
Sa large carcasse suintait l’huile brûlée, plus personne ne l’entretenait, plus personne ne le regardait, plus personne ne montait à son bord.
Sous l’effet du temps, des embruns et du soleil, ses cordages usés se rompirent.
Sa coque fut animée d’un mouvement qui …commencez !
Pourquoi ce jour là et pas un autre jour, personne ne le sait.
Toujours est-il qu’à la faveur de la marée, il glissa doucement vers le large, dans la nuit, sous le regard indifférent des badauds ignorant que sa vie venait de…changez !
Sa navigation incertaine était rendue difficile par sa coque ventrue et lourde, peu manoeuvrant.
Son destin semblait le pousser lentement vers la haute mer, où il erra au gré des courants, pendant des jours et des semaines.
Lorsqu’au loin, le ciel s’assombrissait, les éclairs déchiraient le ciel tandis que le tonnerre grondait.
La mer se souleva et les embruns fouettèrent ses flancs, sa silhouette apparaissait puis disparaissait selon que la houle l’avalait ou le recrachait. Pendant qu’il était en pleine tempête, il hésitait encore entre plusieurs possibilités :
Soit mettre en fuite temporaire, comme une mesure positive de réussite et de sécurité.
Soit prendre de la vitesse et contourner l’obstacle.
Mais aussi …acceptez ! de prendre la bonne décision pour …luttez !
Plus le temps passait et plus il était inexorablement poussé vers le centre du cyclone.
Lorsqu’un oiseau extraordinaire et majestueux apparu dans le ciel tourmenté.
C’était un albatros immaculé, qui déploya ses ailes immenses en pleine tourmente, et parvint à détourner le vent pour lui faire…changez ! de direction.
Son nouveau cap tenu fermement, sous l’effet du battement d’ailes et des vagues porteuses, la carène du bateau s’affina, sa silhouette devint comme par magie plus fine, plus légère, comme assainie et lumineuse, les voiles devenues aériennes.
Les brumes se dissipèrent progressivement et le soleil perça au travers des nuages.
Le navire avait retrouvé toutes ses potentialités à l’annonce du lagon tant attendu.
Une fois arrivé en eaux calmes, il y mouilla son ancre, au milieu d’un paysage paradisiaque, idyllique.
Une brise légère parcourait ses flancs et faisait frémir sa voilure au repos.
Les vagues accueillantes du lagon léchaient doucement sa proue.

Arrivé à bon port, se mirant enfin sur des fonds clairs, il eut la surprise de voir se refléter la longue et gracieuse pirogue qu’il oubliait avoir été. 




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